CinéTech n°27 : Thorium, la face gâchée du nucléaire

La CCI Haute-Marne, Autour de la terre, le cluster Nogentech, et le Pôle technologique,

Avec la formation d’ingénieurs en apprentissage Mécanique Matériaux de l’antenne de l’UTT à Nogent 52 présentent

CinéTech n°27 :  « Thorium, la face gâchée du nucléaire » :

 Mercredi 01 mars 2017

 NOGENT Pole technologique ZI rue Lavoisier

 

19H – FILM « Thorium, la face gâchée du nucléaire » De Myriam Tonelotto (2016, 1h30)

Et si on avait trouvé une énergie nucléaire verte avec davantage de sécurité et moins de déchets ? Le thorium, un combustible alternatif découvert à la fin du XIXe siècle et présent en abondance dans les sols, serait-il la solution à ces problèmes de société ? Le documentaire consacré à ce minerai méconnu, possible et avantageux remplaçant de l’uranium, met en scène les travaux du physicien américain Alvin Weinberg. Le scientifique a consacré sa vie entière à l’élaboration d’un réacteur nucléaire au thorium, moins polluant et plus sûr. Bien que l’exploitation de cette ressource ait été à l’époque écartée par les lobbys de l’énergie et de la défense, focalisés sur le développement d’un arsenal atomique, les chercheurs planchent à nouveau sur cette énergie fossile au potentiel mésestimé. Son histoire ne fait peut-être que commencer !

Le rêve d’Alvin Weinberg : un réacteur à sels fondus

Ni fusion du cœur, ni explosion, ni déchets : l’atome vert… Enfin, c’est un peu plus compliqué que cela !

Fin 1943, Etats-Unis. Le projet Manhattan vise à produire le plutonium nécessaire au fonctionnement de l’arme nucléaire. Une première bombe est testée deux ans plus tard au Nouveau-Mexique. Fort du succès de cet essai, la bombe atomique est utilisée à des fins militaires en août 1945.

Cette même année Weinberg, membre du Laboratoire National d’Oak Ridge, persuade l’amiral de la Navy Hyman Rickover qu’un réacteur refroidi à l’eau fonctionnerait mieux sur les sous-marins : c’est la naissance du réacteur à eau pressurisée, compact, simple et intrinsèquement plus sûr que les autres réacteurs.

Cette réussite amène l’Armée de l’Air à le charger de la construction d’un avion à propulsion nucléaire, mais la mise au point des missiles intercontinentaux met fin au projet.

Le champ des possibles est immense de par les différentes combinaisons que l’on peut imaginer entre les trois composants clés d’un réacteur : combustible, refroidissement et réacteur. Si on prend compte toutes les combinaisons possibles, on arrive à un millier de réacteurs différents. Ainsi, au tout début de l’histoire du nucléaire, il fallait décider quelle piste suivre et lesquelles abandonner : des choix cruciaux car ils allaient déterminer l’avenir du nucléaire.

Au début des années 1960, une série de tests réalisée par l’équipe de Weinberg démontre des failles de sécurité dans la conception du réacteur à eau pressurisée. Pour le physicien, devenu directeur d’Oak Ridge, un réacteur à sels fondus qui utilise du thorium comme combustible offrirait des avantages considérables par rapport aux modèles à eau légère. En tant que liquide refroidissement, les sels fondus à pression atmosphérique résistent à des températures beaucoup plus élevées et réduisent les contraintes mécaniques sur la cuve du réacteur. En tant que combustible, le thorium ne peut pas être utilisé pour fabriquer des armes. Dans un réacteur, il peut générer du nouveau combustible à l’uranium qui est consommé pour produire de l’énergie.

Weinberg est ravi. Un tel réacteur pourrait fournir au monde une énergie sans limite et préserverait l’environnement. Il créerait de l’électricité et de l’eau douce à partir de l’eau salée. Et si le thorium était utilisé plutôt que l’uranium, on ne manquerait jamais de combustible, le thorium étant abondant dans la croûte terrestre.

En 1966, son équipe élabore un prototype d’uranium dissous dans les sels de fluorure fondus du lithium et du béryllium. Ce réacteur nucléaire à sels fondus expérimental (MSRE) fonctionnera pendant 3 ans.

Mais l’obsession de Weinberg pour la sécurité déplait à certains de ses collègues. De plus, la mode est aux « surgénérateurs », réacteurs qui produisent plus de matières fissibles qu’ils n’en consomment. En 1973 Alvin Weinberg est renvoyé de son poste de directeur.

Aujourd’hui, une nouvelle génération d’ingénieurs préoccupés par le changement climatique redécouvre Weinberg et ses recherches : la société TerraPower de Bill Gates étudie les réacteurs à sels fondus ; l’ingénieur du MIT Leslie Dewan cofonde Transatomic Power qui utilise une conception de RSF ; l’ancien employé de la NASA Kirk Sorensen publie les documents originaux de R&D d’Oak Ridge sur l’Internet et fonde la société Flibe Energy. De même, le travail sur la sécurité à Oak Ridge a influencé la création du réacteur à lit de boulets refroidi au gaz à haute température fonctionnant à l’université de Tsinghua en Chine. Enfin, les nouvelles centrales nucléaires en cours de construction en Géorgie intègrent des fonctionnalités de sécurité passive.

Ce qui rendait ce physicien unique, était sa profonde préoccupation du bien-être de l’homme. Il n’a jamais cessé d’y penser.

21H – PAUSE GOURMANDE

21H30 – RENCONTRE John Laurie, ingénieur et consultant de la société Fission Liquide à Versailles

Eco-modernisme et Fission Liquide

La progression des humains est remarquable, mais notre succès a eu un coût élevé pour la nature. La confrontation entre l’écologie traditionnelle et la consommation croissante d’énergie a donné naissance à un nouveau mouvement écologiste – l’éco-modernisme, qui propose de découpler les humains et la nature. Les Eco-modernistes s’intéressent à l’énergie nucléaire parce que la seule façon de résoudre le problème du réchauffement climatique est d’accéder à une source massive d’énergie propre. Mais l’énergie nucléaire est en difficulté, en grande partie à cause de son coût. Les causes de ce problème sont explorées et un nouveau paradigme pour l’énergie nucléaire est proposé, avec l’utilisation de combustibles liquides à base de sels fondus.

La fission liquide et le thorium pour un climat stable et une prospérité énergétique

Créée le 1er janvier 2017, Fission Liquide est la première entreprise française dédiée à la technologie des réacteurs à sels fondus. Sa mission est de connecter les parties prenantes dans cette technologie, de communiquer, de faire sortir le message.

Dépliant : 2017 02 06 Flyer Thorium 06022017

https://www.poletechno52.fr/?page=unarticle&id_article=21

 

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